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Sud-Kivu : 72 décès liés à la consommation excessive d'alcool en six mois, la FOMIS alerte sur une jeunesse « en danger »

L’alcool fort continue de faire des ravages au Sud-Kivu. Selon le monitoring de l’équipe de protection de la Fondation Michael Sharp Jesse, FOMIS, au moins 72 personnes ont perdu la vie en six mois, entre janvier et juin 2026, suite à l’abus de boissons à forte teneur en alcool.

Bukavu la plus touchée, les jeunes en première ligne

Les données compilées dans plusieurs entités dressent un tableau préoccupant. Les jeunes constituent la majorité des victimes.

La ville de Bukavu arrive en tête avec 20 cas de décès recensés. Elle est suivie du territoire de Fizi avec 10 cas, d’Uvira avec 9 cas et de Kalehe qui enregistre 7 décès.

Les territoires de Mwenga, Kabare et Idjwi ont respectivement enregistré 6 cas chacun. Shabunda en compte 5 décès et Walungu 3.

La jeunesse est en danger

Pour la Fondation Michael Sharp, ces chiffres traduisent une crise sociale silencieuse qui menace l’avenir de la province.

« La jeunesse est en danger », alerte Moïse Butimbushi, expert en droits humains, président du Conseil d’administration et cofondateur de la FOMIS.

Face à cette situation, la fondation appelle les autorités politico-administratives à tous les niveaux à prendre des mesures urgentes afin d’encadrer la commercialisation et la consommation des boissons fortement alcoolisées.

La FOMIS recommande notamment aux autorités compétentes de diligenter des équipes de contrôle sur le terrain afin de décourager la vente incontrôlée de ces produits, particulièrement auprès des jeunes.

L’organisation invite également les services de santé, les acteurs de la société civile ainsi que les leaders communautaires à intensifier les campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à l’abus d’alcool.

Rappel de la responsabilité des parents

Moïse Butimbushi insiste aussi sur le rôle des familles.

« Les parents doivent pleinement jouer leur rôle. La jeunesse sacrifiée aujourd’hui représente le Congo de demain », a-t-il déclaré.

Alors que la province fait déjà face à de nombreux défis sécuritaires, économiques et sociaux, la FOMIS estime qu’une action concertée entre les pouvoirs publics, les familles et la société civile est indispensable pour freiner ce phénomène aux conséquences parfois irréversibles.

Par Alvin BUZAKI

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